Le bruit de la mer

Au fil des sorties sur l’estran, il arrive que l’observation attentive laisse aussi place à l’émotion. Entre algues, coquilles et reflets, la mer se donne autant à sentir qu’à comprendre. Ce poème de Anne Bihoreau, né à l’issue d’une sortie de l’antenne, nous rappelle que la relation au vivant se tisse aussi par les mots, l’imaginaire et la sensibilité — sans jamais s’opposer au regard naturaliste, mais en l’enrichissant autrement.

Le bruit de la mer

De ce bruit de galets roulés par les vagues
naissent des pensées éparses
Eboulis des roches brunes s’effritent
Eclaircie après l’orage

Œufs de bulots, capsules de raies
Plumes de sternes plus légères que l’air
Entre le ciel, le sable et la vague
Que ne voir l’or de l’estran !

Entre l’amande de mer, l’ophiure et l’hydraire
Que n’écouter le clapotis du rivage !

De l’anomie, l’holothurie, l’étoile de mer
Choisir le goût de sel

Claquement du vent
déchire la toile de l’être

Quel est ce bruit de galets roulés par la mer ?

Vivre à St Malo, cela a été dès mon enfance parcourir la grève, l’estran, explorer les flaques d’eau à la recherche de la vie qui grouille, vivre au vent du large, respirer l’iode et écouter le bruit de la mer…
C’est bien des années après, inscrite en novembre 2017 dans le groupe Estran OBCE constitué par Françoise Goguel au sein de l’antenne B. V. Rance Emeraude que je me suis replongée dans cet univers marin du littoral qui avait pour moi un goût d’enfance.
Voici ce poème tiré d’une de mes sorties Estran le 11/04/21.
Véronique sous mon nom de plume, Anne Bihoreau

Image d’en-tête © Anne Bihoreau