Dimanche 14 mars. Le temps est doux, sans vent, mais il est très couvert et les 9 animateurs n’ont pas manqué de remarquer l’œil inquiet de quelques participants à leur arrivée sur site. Pleuvra-t-il vraiment, comme l’annonce la grenouille dépressive de Météo France ?
Un peu de géographie pour savoir où nous mettons nos bottes…
Le marais de Sougeal est une plaine alluviale inondable d’environ 180 ha, située dans la basse vallée du Couesnon, à une quinzaine de kilomètres au sud du Mont‑Saint‑Michel. Il occupe le lit majeur de la rivière, sous la forme d’un ruban prairial de plusieurs kilomètres de long, encaissé entre les coteaux et le cours du Couesnon. Cette topographie très peu inclinée, avec quelques décimètres de dénivelé entre bourrelet alluvial et bas‑fonds, favorise l’engorgement et la rétention des eaux.
Le marais fonctionne comme une zone d’expansion de crue majeure du Couesnon : en période hivernale et printanière, les débordements recouvrent largement les prairies. Un réseau serré de fossés, canaux et « rués » permet de moduler les niveaux d’eau, du stade de nappe libre à celui de prairie humide ressuyée. Cette dynamique hydrologique conditionne une mosaïque d’habitats prairiaux, de mares, de roselières et de haies bocagères en périphérie.
La conjugaison d’une géomorphologie de plaine alluviale fonctionnelle, d’un régime d’inondation saisonnier et d’une gestion pastorale extensive explique l’exceptionnelle valeur écologique du site qui cumule les statuts : réserve naturelle régionale, site Ramsar, et site Natura 2000.
Gestion de l’eau
La gestion hydraulique actuelle est établie par convention entre la Communauté de Communes et la commune de Sougéal, et calée sur le cycle biologique du brochet :
- Janvier-février : Ouverture de la passe à poissons et des vannages pour permettre la remontée des géniteurs.
- Février-mars : Maintien des niveaux d’eau pour les phases d’incubation et d’éclosion.
- À partir du 15 avril : Vidange progressive à raison de 1 cm/jour.
- Mi-mai au 31 décembre : Remise en place des portes à flot pour protéger le marais contre les crues de fin de printemps et d’automne, tout en maintenant 10 ha ennoyés sur la mare de la Musse et 35 ha en octobre.
Chasse-t-on sur le marais ?
Sur le marais de Sougeal, la chasse au gibier d’eau reste autorisée pendant les périodes d’ouverture fixées par la réglementation nationale et les arrêtés préfectoraux, mais elle est strictement encadrée par un règlement communal spécifique. La commune gère directement le territoire en régie et délivre des cartes qui conditionnent le droit de chasse, en définissant les jours, les modalités pratiques (chasse à la passée depuis des postes) et, le cas échéant, des quotas de prélèvements. Ce dispositif est articulé avec les objectifs de conservation de la Réserve naturelle régionale : certains secteurs peuvent être exclus de la chasse, et les projets d’extension de la réserve prévoient de renforcer ces zones de quiétude, ce qui pourrait réduire à terme la surface effectivement chassable, même en période d’ouverture.
La balade au marais, à la rencontre des oiseaux
Les 20 inscrits à la sortie publique organisée par le groupe ornithologie de l’antenne et les 9 animateurs s’installent tranquillement au 1er point d’observation, devant la maison du Marais. Les premiers limicoles se montrent dans les jumelles. On admire les Cygnes tuberculés (dont certains nous ont gratifié d’une parade nuptiale) et les Canards souchets. Les animateurs, très professionnels, invitent les participants à affiner leurs observations dans les longues-vues installées à cet effet.
Exclamations, discussions, explications, démonstrations : ça commence fort !
Le ciel veut-il tester la résolution des observateurs ? Sérieusement ?
Il se met à bruiner, tandis que les Canards pilet et les Grands Cormorans se laissent admirer. Puis il se met à pleuvoir à seaux. Tout le monde s’abrite alors sous l’auvent de la maison du Marais. Tout le monde ? Non… Pascale, imperturbable, continue d’observer les oiseaux jusqu’à la fin de l’ondée.
Le marais, bon prince, constatant l’inébranlable résolution du groupe, nous offre alors un généreux soleil et de très belles observations, superbement éclairées ! Figurez-vous que nous avons eu le plaisir et le privilège de voir ou d’entendre pas moins de 44 espèces d’oiseaux pendant les deux heures et demie que dura la balade. Étonnant, non ?
Les vedettes du jour
Les deux vedettes du jour furent les Spatules blanches (et leur curieux bec en forme, heuuu, de spatule… si, si), et les Barges à queue noire (qui ont la particularité, comme leur nom l’indique, d’avoir… la queue noire et, surtout, des barres alaires blanches permettant de ne pas les confondre avec les Barges rousses qui leur ressemblent beaucoup). C’est un peu compliqué, j’en conviens. Pour en savoir plus sur les Barges, regardez cette vidéo, très pédagogique.
Si vous souhaitez lire le bilan des observations de cette belle sortie, je vous invite à cliquer ici !
Rédaction : Michel Arnould – 14 mars 2026