Les contentieux liés à la protection de la biodiversité rappellent régulièrement qu’aucune décision judiciaire n’est acquise d’avance. Quelques jours après le rejet par le tribunal administratif de notre demande de suspension d’une campagne de stérilisation d’œufs de goélands argentés au Croisic, Bretagne Vivante vient toutefois d’obtenir une importante victoire juridique sur un autre dossier emblématique : celui des tirs de choucas des tours en Bretagne.
Le 9 juin 2026, le tribunal administratif de Rennes a suspendu les quatre arrêtés préfectoraux qui autorisaient, à titre dérogatoire, la destruction de 10 500 choucas des tours dans les quatre départements bretons. Cette décision fait suite à un recours déposé conjointement par Bretagne Vivante, la LPO Bretagne et One Voice.
Au total, les arrêtés prévoyaient l’abattage de 5 000 oiseaux dans les Côtes-d’Armor, 4 000 dans le Finistère, 500 en Ille-et-Vilaine et 1 000 dans le Morbihan. Espèce protégée au niveau national, le choucas des tours ne peut faire l’objet de destructions que dans des conditions très strictes prévues par le Code de l’environnement.
Cette décision constitue une nouvelle étape dans un contentieux engagé depuis de nombreuses années. Les associations contestent en effet l’efficacité des tirs massifs pratiqués depuis plus d’une décennie pour limiter les dégâts agricoles. Plusieurs décisions de justice ont déjà souligné que des solutions alternatives existent et que leur mise en œuvre n’a pas été suffisamment explorée avant d’autoriser la destruction d’une espèce protégée.
Cette suspension est d’autant plus significative qu’elle concerne cette année les quatre départements bretons. En 2025, le juge avait déjà suspendu plusieurs arrêtés similaires. En 2026, il étend cette protection à l’ensemble de la Bretagne administrative.
Au-delà de l’aspect juridique, cette décision rappelle la nécessité de construire des réponses durables aux conflits entre activités humaines et biodiversité. Les travaux scientifiques menés depuis plusieurs années montrent que la destruction répétée des choucas ne constitue pas une solution pérenne. La recherche, la prévention des dégâts et le développement de mesures alternatives doivent désormais être pleinement privilégiés.
Bretagne Vivante se félicite de cette décision qui confirme, une nouvelle fois, que la protection des espèces sauvages ne peut être remise en cause sans démonstration rigoureuse de son caractère indispensable. L’association poursuivra son engagement, aux côtés de ses partenaires, pour promouvoir des solutions respectueuses de la biodiversité et fondées sur les connaissances scientifiques.