Tirs de loups : jusqu’où ira la régression ?

Nouveau coup de canif dans la protection de la biodiversité. Ce 16 octobre, l’association FERUS a annoncé un recours en justice contre le dernier arrêté ministériel. En cause : le relèvement du plafond de destruction des loups à 21 % de la population estimée, avec la possibilité d’aller jusqu’à 23 % sur décision préfectorale.

Pousser toujours plus loin les possibilités d’abattage, alors que des études scientifiques alertent sur les risques pour la viabilité de l’espèce, envoie un signal désastreux. Certes, le niveau de protection du loup a été abaissé à l’échelle européenne. Mais cela ne signifie pas que tout soit permis : l’obligation de maintenir les populations dans un état de conservation favorable demeure.

Pour Bretagne Vivante, cette course aux tirs dérogatoires inquiète. En mai dernier, notre antenne Rance-Émeraude appelait déjà les citoyens à interpeller leurs députés pour s’opposer à un amendement qui visait à autoriser les tirs de loups jusque dans les réserves naturelles nationales.

Nous le redisons : nous ne nions pas les difficultés, bien réelles, des éleveurs confrontés aux attaques. Mais répondre à cette situation par le seul fusil est une impasse politique et écologique. Il faut renforcer la protection des troupeaux, accompagner les éleveurs sur le terrain et s’appuyer sur un suivi scientifique rigoureux.

La coexistence durable ne se construira pas à coups de carabine.


Pour aller plus loin :


Image d’en-tête : Couverture du Penn Ar Beb n°252 © Bretagne Vivante