Jeudi 5 novembre, 25 bénévoles se sont mobilisés sur la plage du Vallion, à Saint-Jouan-des-Guérets, pour participer à un chantier d’arrachage du sumac de Virginie. Une opération organisée à l’initiative du Parc naturel régional Vallée de la Rance – Côte d’Émeraude, afin de limiter la progression de cette espèce exotique envahissante.
Dès 9 heures, malgré un ciel gris mais sans pluie, les participants se sont retrouvés sur le site pour trois heures de travail collectif. Le chantier réunissait six bénévoles de Bretagne Vivante Rance-Émeraude et de nombreux membres de l’association ÉcoRance (de Saint-Jouan) , venus en nombre. Maxime Planes, technicien biodiversité, et Ophélie Le Cloirec, animatrice Natura 2000, du Parc naturel régional, étaient accompagnés de trois services civiques pour encadrer cette opération.
Une espèce exotique particulièrement difficile à éliminer
Originaire d’Amérique du Nord, le sumac de Virginie (Rhus typhina), également appelé vinaigrier, est apprécié pour son feuillage et ses couleurs automnales. Mais ses qualités ornementales ne doivent pas masquer son caractère envahissant.
L’arbuste se propage en effet grâce à un réseau de racines traçantes qui produisent de nombreux rejets. Une fois installé, il peut rapidement former des fourrés denses et concurrencer la végétation locale.
Sa suppression constitue un véritable défi : la coupe des troncs ne suffit pas à éliminer la plante. Les racines, toujours actives, produisent de nouvelles pousses, parfois à distance du pied initial. Il fallait donc être vigilant pour traquer et ramasser le moindre bout de racine…
Un travail d’arrachage exigeant
L’objectif de la matinée était double : arracher les jeunes rejets et éliminer les anciennes souches dont les troncs principaux avaient été coupés quelques mois auparavant.
Les participants ont mobilisé une large gamme d’outils : pioches, bêches, coupe-branches, scies à main, tronçonneuse et bacch’arraches1 . Chacun a contribué en fonction de ses possibilités et des difficultés rencontrées sur le terrain.
L’extraction des souches et des racines s’est parfois révélée particulièrement laborieuse. Certaines repousses, trop difficiles à arracher, ont fait l’objet d’un traitement expérimental au gros sel, dans l’espoir de dévitaliser les plants. L’efficacité de cette méthode reste à évaluer.
Une première étape dans une lutte qui s’inscrit dans la durée
Après trois heures d’intervention, le chantier s’est achevé à midi. Le travail réalisé a permis de dégager une partie du secteur et de limiter la présence du sumac sur le site.
Toutefois, compte tenu de la capacité de cette espèce à produire de nouveaux rejets à partir de son système racinaire, un suivi sera nécessaire. La lutte contre les plantes exotiques envahissantes demande en effet des interventions répétées et une surveillance dans la durée.
Cette matinée aura également été l’occasion de réunir différentes associations autour d’une action concrète en faveur de la biodiversité locale.
Un grand merci au Parc naturel régional pour l’organisation du chantier, aux équipes d’Éco Rance et de Bretagne Vivante, ainsi qu’à l’ensemble des participants pour leur mobilisation.
Une opération collective qui rappelle que la préservation des milieux naturels passe aussi par des interventions de terrain, parfois physiques, mais indispensables.
Instantanés du chantier






Le sumac de Virginie : quelques repères
Originaire d’Amérique du Nord, le sumac de Virginie (Rhus typhina) est un arbuste ou petit arbre de la famille des Anacardiacées, introduit en Europe au XVIIᵉ siècle pour ses qualités ornementales. Il peut atteindre 5 à 7 mètres de hauteur et se distingue par ses grandes feuilles composées, ses rameaux veloutés et ses grappes de fruits rouge sombre.
Espèce pionnière, il affectionne les milieux ouverts et ensoleillés, notamment les friches et les talus. Sa croissance rapide et sa capacité à former des peuplements denses peuvent localement concurrencer la végétation indigène.
Remarque : Son latex blanc est légèrement toxique et irritant. Il peut provoquer des inflammations ou des irritations de la peau ou des yeux chez les personnes sensibles.
Crédits photos : Anne Dalmais et Yannick Meneux
- Le bacch’arrache (ou baccarache) est un outil mécanique manuel spécialement conçu pour arracher les racines des pieds de Baccharis à feuilles d’halime (Baccharis halimifolia), une plante arbustive exotique et très envahissante des zones côtières. ↩︎