Mission Nature : redonner vie aux Grandes Landes de Trébédan

Grâce au soutien de l’Office français de la biodiversité, Bretagne Vivante va engager un ambitieux programme de restauration des landes humides de la réserve associative des Grandes Landes de Trébédan. Pendant trois ans, des travaux de génie écologique permettront de redonner à ce site son fonctionnement naturel. Une excellente nouvelle pour la biodiversité… mais aussi pour l’eau, le climat et tous ceux qui aiment ces paysages emblématiques de Bretagne.

Une reconnaissance nationale pour un projet breton

Le 8 juillet dernier, l’Office français de la biodiversité (OFB) a dévoilé les 28 projets1 retenus dans le cadre de Mission Nature 2026. Parmi les 128 dossiers déposés cette année à l’échelle nationale, celui présenté par Bretagne Vivante – Conservatoire d’espaces naturels de Bretagne figure parmi les lauréats.

Cette sélection constitue une véritable reconnaissance du travail conduit depuis de nombreuses années sur la Réserve associative des Grandes Landes de Trébédan ; elle permettra de financer un programme de restauration écologique d’un montant de 71 497 €, dont 57 197 € pris en charge par l’OFB grâce au dispositif Mission Nature.

Les landes humides : un patrimoine aussi discret que précieux

À première vue, une lande humide peut sembler austère. Quelques bouleaux disséminés, des tapis de molinie, des mares discrètes et une végétation parfois rase.

Les Grandes Landes accueillent une mosaïque d’habitats naturels où se côtoient landes humides, bas-marais, mares temporaires, suintements et pelouses oligotrophes. Ces milieux offrent des conditions de vie très particulières à une multitude d’espèces souvent rares ou menacées.

Cette richesse biologique dépend d’un élément essentiel : l’eau.

Quand l’eau s’échappe, la biodiversité s’efface

Dans le cadre du troisième plan de gestion de la réserve, une étude hydrologique réalisée en 2025 a mis en évidence un constat préoccupant : les écoulements naturels de l’eau sont aujourd’hui fortement perturbés.

Au fil du temps, différents fossés ont accéléré le drainage du site. L’eau quitte la lande plus rapidement qu’autrefois. Les sols s’assèchent progressivement.

Les conséquences sont visibles.

Les habitats les plus humides régressent. Les sphaignes disparaissent de certains secteurs. Les ligneux — bouleaux, saules ou aulnes — colonisent progressivement les espaces ouverts. Peu à peu, les espèces les plus exigeantes perdent les conditions dont elles ont besoin pour survivre.

Autrement dit, lorsque l’eau disparaît, c’est tout l’écosystème qui se transforme.

Laisser la nature refaire son travail

Le projet soutenu par Mission Nature ne consiste pas à artificialiser davantage le site. Bien au contraire. Son ambition est de restaurer les mécanismes naturels qui permettaient autrefois à la lande de retenir l’eau. Les travaux prévus privilégient des solutions fondées sur la nature :

  • le comblement total ou partiel des fossés les plus drainants ;
  • la restauration des écoulements naturels de surface ;
  • la réactivation d’anciens suintements et de zones humides aujourd’hui asséchées ;
  • la reconnexion hydraulique entre différentes parcelles de la réserve ;
  • la coupe sélective des arbres et arbustes qui ferment progressivement les landes ;
  • des étrépages localisés afin de retrouver des secteurs où la nappe affleure naturellement ;
  • la création de deux nouvelles mares et la restauration des mares existantes.

Ces interventions peuvent paraître modestes. Pourtant, quelques centimètres d’eau retrouvés au bon endroit suffisent souvent à remettre en marche une dynamique écologique spectaculaire. Les mousses recolonisent les sols. Les insectes reviennent. Les amphibiens trouvent de nouveaux sites de reproduction. Les plantes typiques des landes humides réapparaissent progressivement.

Un chantier qui sera aussi une aventure humaine

Mission Nature ne finance pas seulement des travaux. Le projet comporte un important volet de sensibilisation destiné aux scolaires, aux habitants, aux élus, aux professionnels et aux visiteurs. Des animations, des outils pédagogiques et des rencontres permettront de mieux comprendre le fonctionnement des landes humides et leur rôle dans la préservation de la biodiversité.

La commune de Trébédan, Dinan Agglomération et le Parc naturel régional Vallée de la Rance – Côte d’Émeraude sont associés à cette démarche collective.

Les bénévoles de Bretagne Vivante continueront également d’y jouer un rôle essentiel. Depuis de nombreuses années, ils participent aux suivis naturalistes, aux chantiers de gestion, aux inventaires et aux animations qui font vivre cette réserve au quotidien.

Le programme s’étalera sur trois années. Mais ses effets sont appelés à se poursuivre bien au-delà. Dans quelques années, les visiteurs ne remarqueront probablement ni les fossés rebouchés ni les petits ouvrages hydrauliques réalisés aujourd’hui.

Ils verront simplement une lande plus humide, plus colorée, plus vivante et ce sera sans doute la plus belle récompense de ce projet.


  1. https://ofb.gouv.fr/sites/ofb-gouv-fr/files/2026-07/ofb_missionnature_a4_web_pages.pdf ↩︎