Face à l’organisation de formations au piégeage des taupes sur le territoire de Dinan Agglomération, l’antenne Rance Émeraude de Bretagne Vivante souhaite rappeler le rôle écologique essentiel de cette espèce souvent mal connue. Une note de position détaillée est disponible en téléchargement en bas de cet article.
Les taupes souffrent d’une mauvaise réputation ancienne, principalement liée aux taupinières qu’elles laissent dans les jardins, les pelouses ou certaines parcelles agricoles. Pourtant, derrière ces petits monticules de terre se cache un animal discret dont l’activité joue un rôle important dans le fonctionnement des sols.
Strictement carnivore, la taupe européenne (Talpa europaea) ne consomme ni racines ni végétaux. Elle participe au contraire à l’aération des sols, à l’infiltration de l’eau et à la limitation de leur compaction. Ses galeries et ses déplacements contribuent également à enrichir les couches superficielles des sols et favorisent la diversité végétale.
Dans ce contexte, l’organisation de formations visant à encourager le piégeage des taupes nous apparaît en contradiction avec les engagements pris aujourd’hui en faveur de la biodiversité et de la transition écologique.
Au-delà de la question des taupes, cette situation interroge plus largement notre rapport au vivant ordinaire et notre capacité collective à faire évoluer les pratiques de gestion des espaces.
Plutôt que d’entretenir une logique de destruction systématique des espèces jugées indésirables, Bretagne Vivante défend des approches fondées sur la connaissance, la cohabitation et la prise en compte des équilibres écologiques.
En droit français actuel, la taupe d’Europe (Talpa europaea) n’est pas classée comme “espèce susceptible d’occasionner des dégâts” (ESOD) – l’ancienne appellation « nuisible ». Elle ne figure dans aucun des arrêtés ministériels actuels pris au titre des articles L.427-8 et R.427-6 du Code de l’environnement.
En revanche, il a existé un ancien texte où la taupe était assimilée à un organisme nuisible pour les végétaux :
- Arrêté du 31 juillet 2000 établissant la liste des organismes nuisibles aux végétaux soumis à lutte obligatoire.
- Dans sa version initiale, la taupe y apparaissait comme organisme nuisible agricole.
- Cette qualification a ensuite disparu avec les réformes du droit phytosanitaire.
Aujourd’hui, la situation juridique est donc la suivante :
- la taupe n’est ni protégée, ni classée ESOD (« nuisible ») ;
- son piégeage reste possible, mais il est encadré par l’Arrêté du 29 janvier 2007 relatif au piégeage1.
Le changement de terminologie “nuisible” en “ESOD” date de 2016-2019 dans le Code de l’environnement.
- L’Arrêté du 29 janvier 2007 fixe les règles applicables au piégeage des animaux classés comme espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (« nuisibles ») en application de l’article L. 427-8 du Code de l’environnement. Il encadre notamment les types de pièges autorisés, les conditions d’agrément des piégeurs, les obligations de déclaration en mairie, les modalités de contrôle des pièges ainsi que les règles de sécurité et de protection du bien-être animal. ↩︎
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