DOSSIER ÎLES ET ÎLOTS
Côte d’Émeraude :
des cailloux et des mondes vivants
Yannick Meneux – Novembre 2026 – avec la complicité de Michel Arnould
Sommaire
Pour les habitants de la Côte d’Émeraude et des rives de la Rance, les îles et les îlots font partie du paysage familier : Cézembre, le Grand Bé, les Ébihens ou les nombreux récifs de l’estuaire. On les regarde, on les visite parfois, on les photographie. Mais que connaît-on vraiment de ces petits territoires ?
Derrière leurs silhouettes rocheuses se cachent des mondes très différents. Certains accueillent d’importantes colonies d’oiseaux marins, d’autres abritent des milieux boisés ou des végétations littorales particulières. Quelques-uns sont devenus des réserves naturelles, d’autres portent les traces d’une occupation militaire, d’activités anciennes ou d’une fréquentation touristique soutenue. Et plusieurs restent étonnamment peu documentés.
De l’insularité à la singularité
Qu’est-ce qui décide de la valeur et du devenir d’une île : sa géologie, son histoire, les usages qui s’y sont succédé ou le regard que nous portons sur elle ?
C’est la question centrale de ce dossier consacré à 25 îles et îlots, du cap d’Erquy à Cancale, en passant par l’estuaire de la Rance. Leur petite taille et leur proximité géographique pourraient laisser penser qu’ils se ressemblent. Pourtant, leurs situations, leurs milieux naturels et leurs trajectoires sont parfois très contrastés.
Pour tenter de comprendre ces différences, nous avons choisi de croiser plusieurs regards. D’abord celui de la géologie, qui a façonné les paysages et les reliefs ; puis celui de l’histoire humaine, qui a transformé les usages et les vocations de ces territoires. Nous nous sommes ensuite intéressés à leur diversité écologique, aux espèces et aux habitats qu’ils abritent, avant d’examiner les pressions qui s’exercent sur eux et les conditions de leur protection.
Ce parcours en cinq volets ne prétend pas dresser un inventaire naturaliste exhaustif de chaque île. Il cherche plutôt à comparer ces territoires, à comprendre ce qui les rapproche et ce qui les distingue, mais aussi à mesurer ce que nous savons d’eux… et ce que nous ignorons encore.
Car une dernière question traverse tout le dossier : une île est-elle moins riche parce qu’on la connaît moins, ou simplement moins regardée ?




